Eleveurs-producteurs
FERME DE LA CERISEAIS
PRODUCTION Bovin viande

Julien Boulet

Localisation : Saint M'Hervé
Animaux : 200 Limousines

Projet piloté

Sur les prairies qui bordent le plan d’eau de Haute-Vilaine, à la frontière avec la Mayenne, Julien Boulet conduit le troupeau de Limousines hérité de son oncle et tisse des liens forts avec les consommateurs.

Saint M’Hervé, Ille-et-Vilaine, « à la frontière entre la Bretagne et la France ». Julien Boulet a repris la suite de l’exploitation de son oncle il y a six ans, une ferme spécialisée en race Limousine depuis 1978. Aujourd’hui seul aux manettes d’un troupeau de 70 mères allaitantes pour un total d’environ 200 bêtes comprenant génisses, veaux, taureaux et bœufs, le Breton « de parents non-agriculteurs » – le père est plombier-chauffagiste et la mère exerce à la SVA Jean Rosé – se souvient avoir « toujours voulu être dehors avec les animaux et travailler la terre ». C’est alors vers son oncle qu’il se tournera au moment de se dessiner un métier. Ou plus particulièrement vers des études en alternance « en spécialisation bouchère, dans la viande bovine et l’apprentissage de la découpe ». Son bac pro boucher-charcutier-traiteur en poche et après quelques services de remplacement dans les fermes des environs, ce passionné investit l’exploitation familiale, retape un bâtiment jugé trop vétuste et se lance dans le monde de l’élevage de Limousines.

La Limousine, le jeune homme de 32 ans l’a décrit commodément comme « une race rustique, facile à élever, pas capricieuse au moment de vêler, ni trop grosse ni trop petite, et qui est bien dotée en morceaux nobles ». Mais aussi, comme un animal « à la fois craintif et curieux, qui n’hésite pas à jauger avant de venir au près ». Julien Boulet travaille de mi-mars à mi-décembre en pâturage, puis alimente ses animaux en hivernage par sa production de protéagineux et céréales récoltée durant l’été : foin de luzerne, pois, blé, orge, avoine, triticale, etc. « Il n’y a que le lin que je ne produis pas sur l’exploitation et que j’utilise en finition pendant la période d’engraissement des animaux. » Affiliée au réseau Bleu-Blanc-Coeur depuis plusieurs années maintenant, la viande de la ferme de la Cerisais ravît bon nombre de consommateurs des alentours, sous la formule du circuit-court. « J’ai développé, au fil des ans, plusieurs débouchés de vente. Je vends en moyenne 15 à 20 bêtes sur une année (contre 5 à 6 à l’époque de son oncle) en colis de 10 kilos, en direct aux particuliers à la ferme, mais aussi en livraison sur Rennes, Fougères, Vannes, et quelques fois en région parisienne. » Et pour ce faire, celui qui prône la côte de bœuf comme idéal de convivialité, enfourche lui-même son camion frigorifique pour mener à bon port ses produits. Sur Internet depuis peu, la plate-forme Terres fermières réunit une vingtaine de producteurs du pays de Vitré et la joue astucieusement drive local et paysan. Toujours dans l’intention de faire du consommateur de proximité son idéal goûteur de qualité, Julien Boulet y propose volontiers ses rumsteaks, faux-filets et entrecôtes emballés sous vide. « Il y a une grande reconnaissance d’arriver au bout du compte à nourrir les gens de cette façon. » Conseiller au plus près comme gage de qualité. C’est le credo de cet amateur de chasse – « pour le plaisir de se promener et de voir la nature autrement » – pour préserver une identité dans les assiettes sensées et équilibrées de sa localité.