Eleveurs-producteurs
SCA Longeville
PRODUCTION Bovin viande

Jacques Chayrigues

Localisation : Deux Chaises (03)
Animaux : 2 cheptels de vaches, Aubrac et Limousines
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Jacques Chayrigues

Entre mêlée

Jacques Chayrigues met ses salariés et l’esprit d’équipe au centre du jeu lorsqu’il s’agit de défendre les valeurs de sa ferme de Longeville, dans l’Allier.

Jacques Chayrigues est un homme de convictions, au franc-parler façon joueur de mêlée. Ce fils d’agriculteurs refuse d’être le problème du bout de la chaîne, celui qui ramasse la patate chaude, celui qui fait les frais d’un système trop souvent associé à un laxisme généralisé sur les normes et la qualité délivrée. « On a un super produit. Si l’on est intransigeant avec notre manière de le travailler, le résultat est là ! On m’a appris à choyer les bêtes, à être près d’elles. Les pesticides et tout ce bazar là, ce n’est pas pour nous. On est des gens discrets. Moi, je ne suis pas un orateur, la communication ce n’est pas tellement mon truc. Chacun son métier, je suis fait pour être sur le terrain. »

Aveyronnais de naissance, Jacques Chayrigues s’est construit son propre parcours au milieu de ses sept frères et sœurs. Depuis les années 2000, il est responsable de la ferme de Longeville, dans la commune de Deux-Chaises, dans l’Allier. Un élevage majoritairement constitué d’Aubrac, s’étalant sur quelques centaines d’hectares, et appartenant à la famille d’origine italienne Vigna, « l’un des plus gros éleveurs de bêtes en Italie ». Il découvre l’existence de l’association Bleu-Blanc-Cœur lors d’une discussion animée autour de l’alimentation des bovins avec Jean-Luc Besset, alors responsable régional Sud-Ouest de la structure, après un match de rugby. « J’ai trouvé un écho très favorable à ce que je proposais : développer une agriculture de qualité, avec la notion de santé humaine… Et j’ai surtout trouvé un super partenaire ! »

Jacques Chayrigues parle de la démarche environnementale sur son exploitation : 100% de prairies naturelles, zéro pratique de labour, réimplantation de haies, etc. Cet homme de 58 ans revendique, à juste titre, « faire du concret ». Lorsqu’il pense qualité, il pense à son père, avec qui il a appris « très tôt, au cul des vaches ». Il est persuadé qu’il faut « réécrire l’histoire, mais dans le bon sens. On n’a rien inventé, on est juste en train de remettre en place certaines choses. On actualise le passé pour les enjeux de demain. » Dans son équipe de douze salariés, la moyenne d’âge est de 32 ans et chaque membre est « pleinement impliqué dans la société, dans son suivi technique et sanitaire, et est sensibilisé à l’environnement ». Le dernier exemple en date : la création de la marque La viande des Barjots, « une viande respectueuse de notre Terre-mère, une viande de haute valeur nutritionnelle qui correspond à ce que l’on est ».

Avec Bleu-Blanc-Cœur, il veille à l’alimentation de ses vaches, celle-ci est ainsi garantie sans OGM, le soja y est proscrit, et la luzerne, le lin et la féverole apportent protéines et Oméga3 aux animaux. Pour lui, et même si « certains voudraient tout uniformiserla diversité est une source de richesse et un gage de durabilité des systèmes ». L’exploitant est bien conscient que le monde agricole « souffre d’une très mauvaise image » et s’attache à mettre en avant le côté collectif de son aventure.  Proche de la nature, il avoue être passionné par l’évolution économique des choses. « J’ai toujours considéré que c’était l’économie qui commandait et non la politique. J’inspecte le marché de la viande, cela me permet d’anticiper, toujours avec un regard très serré. » L’esprit vif et aiguisé aussi, toujours prêt à en découdre avec son équipe entremêlée.