« One Health », une journée dédiée au continuum entre santé des sols, santé des animaux et santé humaine, afin d’ancrer la transition agri–agroécologique dans le concret.
Le 27 novembre 2025, Bleu-Blanc-Cœur a réuni plus de 250 participants et 27 intervenants lors de son symposium One Health.
Cette journée, organisée avec le support scientifique de l’INRAE, de l’Université de Rennes et du service R&D de Valorex, a mis en exergue des travaux inédits sur le lien entre pratiques agricoles, santé des sols, densité nutritionnelle des produits végétaux et animaux et santé humaine .

Depuis 25 ans, Bleu-Blanc-Cœur s’appuie sur une socle scientifique solide et des indicateurs fiables pour transformer les connaissances en actions concrètes et en filières opérationnelles pesant entre 5 et 10% des filières d’élevage en France et avec des ambitions fortes et nouvelles dans les filières végétales.
Bleu-Blanc-Cœur se distingue par sa triple promesse :
- Pratiques agricoles durables
- Qualité nutritionnelle supérieure et mesurée dans l’aliment
- Impact santé avéré pour la santé humaine
Bleu-Blanc-Cœur s’affirme ainsi comme une référence en matière de santé et de climat, et renforce, jours après jours, ses partenariats scientifiques et internationaux pour fédérer un maximum d’acteurs autour d’un objectif commun : une seule santé.
SOMMAIRE :
- Événements marquants de la journée
- Séance plénière 1 : Les Omega 3 : un indicateur clé de santé publique ?
- Séance plénière 2 : Sols vivants, plantes nourricières : la santé commence sous nos pieds
- Des ateliers pragmatiques pour passer à l’action :
- Bien manger pour mieux vivre : nutrition, goût et santé à toutes les étapes de la vie
- Du sol vivant à l’assiette : comment l’agriculture régénératrice devient un lien fort entre santé des sols et santé humaine ?
- Décarboner les filières agricoles et alimentaires : de l’amont à la mise en marche. La preuve par la mesure : comment Bleu-Blanc-Coeur peut répondre à ces enjeux ?
- Conclusion : Bleu-Blanc-Cœur, au cœur des échanges et des partenariats internationaux
- Revivre le Congrès One Health 2025 en vidéo
Événements marquants de la journée :
Florent GUHL, président INRAE Bretagne & Normandie, a présenté le renouvellement de l’accord cadre de recherche que lie Bleu-Blanc-Cœur avec l’INRAE pour une nouvelle durée de 5 ans et se fonde sur 6 domaines majeurs :
- Nutrition & santé,
- Environnement,
- Sociologie & socio-économie,
- Performance & santé animale,
- Technologies innovantes,
- Agronomie & itinéraires de production végétale durable.
Cet accord consolide l’approche de Bleu-Blanc-Cœur de s’appuyer sur la science collaborative pour construire des solutions concrètes et durables.
Muriel Hissler, 1ère Vice-présidente, (en charge de la recherche) de l’Université de Rennes a ensuite pris la parole pour dire son plaisir d’accueillir ce congrès Bleu-Blanc-Cœur dédié à la thématique One Health qui est une signature scientifique des travaux de l’Université.
Séance plénière 1 – Les Omega 3 : un indicateur clé de santé publique ?
Le sang comme miroir de notre assiette
Philippe Legrand, Professeur de Biochimie et de Nutrition Humaine (Institut Agro, INSERM), a rappelé que les Omega 3 sont des acides gras essentiels et indispensables. Cela signifie que notre organisme ne sait pas les fabriquer : nous devons donc impérativement les obtenir par notre alimentation.
Dans la famille des Omega 3, on distingue :
- L’acide alpha-linolénique (ALA), d’origine exclusivement végétale, qui est le précurseur des Omega 3 à chaîne longue.
- À partir de l’ALA, l’organisme peut synthétiser en faible quantité l’EPA et le DHA, deux acides gras essentiels impliqués dans le fonctionnement du cerveau et la santé de la rétine et de grandes fonctions de l’organisme telles que la régulation de l’inflammation.
Cette conversion étant limitée, un apport direct en EPA et DHA est nécessaire. Parmi les vecteurs possibles : les poissons, des produits Bleu-Blanc-Cœur…
Le professeur Philippe Legrand a également rappelé qu’en France et dans la majorité des pays occidentaux, les apports quotidiens en Omega 3 restent très insuffisants pour atteindre les quantités requises et fixées par les ANC (Apports Nutritionnels Conseillés). En effet, 98% des Français ne couvrent pas leur besoin journalier en ALA (étude INCA). C’est sur cette logique de sous-consommation chronique à combler auprès de la majorité de la population française que Bleu-Blanc-Cœur s’est construit, en réintroduisant des Omega 3 dans la chaine alimentaire :
- Tout commence dans les champs : certains végétaux sont naturellement riches en Omega 3, comme l’herbe, la luzerne ou encore le lin – la graine la plus concentrée en Omega 3 du règne végétal. Ces cultures sont pourtant minoritaires en France et en Europe. Pourtant, en les réintroduisant dans la chaîne alimentaire, Bleu-Blanc-Cœur favorise des pratiques agronomiques et agroécologiques vertueuses pour la santé des sols : allongement des rotations, système racinaire favorisant une bonne structure du sol, réduction de l’usage des intrants et d’azote minéral…). Ces végétaux peuvent ensuite être utilisés pour l’alimentation animale ou directement dans l’alimentation des hommes (lin, luzerne, colza, cameline…).
- Place ensuite à la nutrition animale : l’objectif est de réintroduire des Omega 3 dans l’auge des animaux. Non seulement ces acides gras sont bénéfiques à la santé des animaux (par ex. meilleures fertilité, immunité, performances de production ou encore moindre frais vétérinaires…), mais les animaux ont, également, la capacité de transformer une partie de l’ALA en EPA et DHA. Résultat : on retrouve ces précieux Omega 3, sous différentes formes, dans les produits finaux – avec à la fois de l’ALA, mais aussi de l’EPA, du DPA n-3 ou encore du DHA, acides gras importants pour notre santé.
- Enfin, côté nutrition humaine : en améliorant l’alimentation des animaux grâce à notre cahier des charges, nous parvenons à réduire le ratio Omega 6/Omega 3 jusqu’à 4 (ratio idéal) et à multiplier par 2 à 3 la teneur en Omega 3 dans l’assiette. Cette obligation de résultat, garantie par des analyses régulières des produits Bleu-Blanc-Cœur, vise à améliorer concrètement la qualité nutritionnelle des aliments.
Philippe LEGRAND a conclu son intervention en présentant les nouveaux domaines d’intérêt de Bleu-Blanc-Cœur en matière de nutrition. Après avoir travaillé depuis plus de 20 ans sur les mécanismes de l’inflammation et de leur régulation par les acides gras, Bleu-Blanc-Cœur s’intéresse à présent au sujet du stress oxydant dont les racines nutritionnelles sont communes avec celles de l’inflammation.
L’oxydation est un processus physiologique essentiel, mais qui doit être sans cesse contrôlé et régulé au niveau cellulaire. Lorsque cette régulation est dépassée, c’est-à-dire que les processus oxydatifs ne sont plus limités par les antioxydants, cela conduit à la formation excessive de radicaux libres. Ces espèces réactives de l’oxygène, quand elles sont excès (produites en trop grande quantité ou pas assez régulées par les antioxydants) endommagent les membranes cellulaires, les protéines, les lipides et l’ADN, entraînant de nombreuses pathologies et une réponse inflammatoire excessive (elle-même génératrice à son tour de production de radicaux libres). Ainsi, ces deux processus, stress oxydant et inflammation, peuvent s’entretenir conduisant à un cercle vicieux générateur de désordres métaboliques, physiologiques ou pathologiques plus ou moins importants le vieillissement prématuré et la genèse des maladies chroniques (cardio-métaboliques, inflammatoires, neurodégénératives, etc.).
L’approche Bleu-Blanc-Cœur peut s’y inscrire dans une optique d’amélioration de la qualité nutritionnelle globale des aliments en améliorant :
- La santé de la terre et les pratiques de production dans le but d’améliorer la densité nutritionnelle des plantes et produits pour l’homme mais aussi (et peut être surtout) pour l’animal producteur
- La santé animale par la voie de la fourniture d’Omega 3 mais aussi d’aliments riches en nutriments d’intérêt comme les antioxydants, le sélénium….
- La santé de l’homme en proposant des produits de qualités supérieures garantissant des apports optimisés en lipides d’intérêt mais aussi en antioxydants ou autres nutriments et micronutriments participants à la régulation du stress oxydant et à la modulation de la réponse inflammatoire
État des lieux de la consommation d’Omega 3 en Ille-et-Vilaine
Les premiers résultats d’une étude de cohorte visant à évaluer le statut en Omega 3 de la population d’Ille-et-Vilaine, ont été présentés par Pierre Weill, agronome, docteur en biologie-santé et fondateur de Bleu-Blanc-Cœur. Ce département, berceau de la démarche Bleu-Blanc-Cœur, a vu naître et s’implanter durablement la démarche. L’étude, menée auprès de 100 volontaires, représentatifs de la population d’Ille et Vilaine, reposait sur une prise de sang unique et des questionnaires normés de qualité de vie portant sur l’alimentation, l’activité physique, la consommation de tabac ou d’alcool, le bien-être psychologique…. Les prélèvements sanguins effectués ont permis d’analyser des marqueurs de santé : bilans lipidique, glycémique, marqueurs de l’inflammation, dosages vitaminiques, profils en acides gras du sang total et des globules rouges et capacité antioxydante du sang.
Pour évaluer le statut en Omega 3, l’index Omega 3 (OI), qui mesure la proportion des acides gras Omega 3 EPA et DHA par rapport à l’ensemble des acides gras présents dans la membrane des globules rouges a été utilisé. Concrètement, un index Omega 3 supérieur à 7% est considéré comme protecteur pour l’organisme — notamment pour le cœur, le cerveau et l’ensemble du système inflammatoire. À l’inverse, un index inférieur à 4% est associé à un risque accru de troubles cardiovasculaires et d’autres déséquilibres liés à un déficit en Omega 3.
Les résultats ont montré que l’index Omega 3 moyen en Ille-et-Vilaine est de 5,65%. À titre de comparaison, les résultats d’autres études françaises se situent entre 4 et 6%, loin des niveaux observés au Japon ou en Corée (≈10%). Une précédente étude a démontré que les consommateurs d’aliments Bleu-Blanc-Cœur, présentent un index moyen de 7,2%, les plaçant dans le vert par rapport aux recommandations. Ce résultat encourageant doit être considéré dans le contexte d’une alimentation diversifiée et équilibrée intégrant des aliments de qualité consommés au quotidien.
L’étude a aussi montré que les moins de 50 ans semblent plus vulnérables : déficits en Omega 3 et également en antioxydants et vitamine D, associés à une sédentarité et à des troubles alimentaires. Ce cercle vicieux accroît le risque de maladies chroniques. La nutrition préventive est donc plus que jamais d’actualité et d’importance !
Comment restaurer le statut nutritionnel des français en Omega 3 ? Quels impacts mesurés des produits Bleu-Blanc-Coeur ?
Nathalie Kerhoas, présidente de Bleu-Blanc-Cœur, a rappelé que la démarche repose sur un socle scientifique solide : plus de 400 publications et 6 études cliniques. Cette approche vise à améliorer la qualité nutritionnelle de notre alimentation en agissant sur celle des animaux, nourris avec des cultures issues de pratiques agroécologiques. Résultat : un rapport Omega 6/Omega 3 qui passe de 15 (produits conventionnels) à 4 dans les produits Bleu-Blanc-Coeur. Cette mesure est essentielle et plus de 4 000 analyses d’acides gras annuelles confirment cette distinction nutritionnelle.
Ex. des œufs : une poule nourrie avec du lin produit des œufs contenant 3 fois plus d’Omega 3, 2 fois plus de DHA et unratio Omega 6/Omega 3 inférieur à 4 par rapport à un œuf standard.
Ex. du porc : de la même manière, en diversifiant l’alimentation du porc, avec des sources d’Omega 3, le porc incorpore dans ses tissus ces acides gras ALA et les transforme en DPA et EPA dans ses tissus maigres (jambon, rôti, filet mignon…).
Adopter le menu Bleu-Blanc-Cœur, une solution pour mieux manger et qui participe simplement à la couverture de nos besoins nutritionnels en Omega 3 :
Dans le cadre du programme de recherche AGRALID, des menus équilibrés ont été conçus sur 15 jours en remplaçant les produits conventionnels par des produits Bleu-Blanc-Coeur. Résultat : 3x plus d’Omega 3 dans les assiettes, sans changer les habitudes alimentaires, avec un apport passant de 1,2 g à 3,7 g/jour, un ratio Omega 6/Omega 3 amélioré (de 9,1 à 2,2) associé à une baisse du ratio acides gras saturés/Omega 3. Tout cela avec une démarche naturelle, sans enrichissement artificiel, en respectant le PNNS, et avec un impact carbone réduit de 4%.
Les bénéfices se mesurent dans les produits, et aussi dans le profil sanguin (sérum et hématies) des mangeurs avec une amélioration du statut en Omega 3 et de marqueurs de santé. C’est l’objet de nos 6 études cliniques où de nombreux marqueurs de santé se sont améliorés dans les groupes Bleu-Blanc-Cœur versus groupes témoin avec par exemple : chez des personnes diabétiques de type 2, une diminution significative de l’insulino-résistance ; chez des personnes obèses, une perte de poids durable dans le temps ; chez des femmes allaitantes une amélioration notoire de la composition du lait (+75% d’ALA, plus de protéines de l’immunité…), et chez leur bébé un profil de microbiote plus diversifié et donc favorable… Notre étude clinique, actuellement en cours, consiste à mesurer l’impact de l’alimentation Bleu-Blanc-Cœur sur le maintien de l’autonomie de personnes âgées en EHPAD et vise à prouver l’importance d’une approche nutritionnelle en restauration collective destinée à un public vieillissant.
Bleu-Blanc-Coeur associe nutrition, goût, agronomie, santé animale et santé humaine, tout en valorisant le travail des agriculteurs et éleveurs français. Elle répond à un enjeu de prévention passive, visant à améliorer le statut nutritionnel notamment en Omega 3 à tous les âges. Une histoire scientifique qui se traduit par des solutions concrètes, durables et savoureuses.
Séance plénière 2 – Sols vivants, plantes nourricières : la santé commence sous nos pieds
Oxydation et inflammation : deux mécanismes clés et interdépendants
Bleu-Blanc-Cœur est né pour répondre à un déficit généralisé en Omega 3, en misant sur une approche de chaîne alimentaire afin de restaurer la densité nutritionnelle des aliments. Ainsi, tout en poursuivant son engagement sur la qualité des lipides, la démarche s’étend désormais aux antioxydants, éléments clés pour limiter le stress oxydatif, un processus naturel impliqué dans l’inflammation et la prévention des maladies chroniques.
Bleu-Blanc-Cœur inscrit donc ses développements futurs dans l’objectivation d’indicateurs de santé des sols qui puissent impacter positivement des critères nutritionnels mesurables dans la plante et profiter in fine à la santé des hommes. Le principe est simple : un sol en bonne santé profite à la plante qui se dote de métabolites secondaires (par ex. antioxydants) intéressants pour l’animal et/ou l’homme qui la consommera (cf. pyramide de John Kempf ci-dessous). C’est la vie des sols qui permet à la plante de fabriquer ces métabolites importants pour leur santé et pour la nôtre.

En somme, mieux nourrir la Terre, les plantes et les animaux, c’est aussi mieux nourrir l’Homme. Une approche globale qui ouvre la voie à une alimentation réellement saine et durable. C’est cette logique qu’ambitionne Bleu-Blanc-Cœur : faire remonter la santé depuis le sol jusqu’à l’assiette, en s’appuyant sur les principes de l’agronomie régénérative et de l’agroécologie.
Lien entre micronutriments végétaux et santé des sols
Alain Bouchereau, Enseignant à l’université de Rennes et chercheur INRAE, nous explique que 95 % de notre alimentation vient du sol. Véritable pilier de la nutrition, le sol stocke, transforme et recycle les nutriments essentiels à notre santé.
Il présente de façon pédagogique les apports des 4 éléments à notre santé : l’eau, l’air (gaz carbonique) et le feu (soleil)… ce sont les 3 éléments nécessaires à la synthèse chlorophyllienne qui permet aux végétaux de fabriquer des sucres… qu’ils transfèrent au 4ème élément : la terre. Ainsi le sol accueille et nourrit la vie née du feu, de l’air et de l’eau.
Grâce au sol, les plantes nous fournissent l’essentiel : jusqu’à 80% de notre énergie, 100% des fibres, mais aussi des protéines, des graisses, des minéraux, des vitamines et des antioxydants. Ces micronutriments, indispensables à la croissance des végétaux, sont tout aussi vitaux pour l’Homme. Leur origine ? Les éléments minéraux présents dans le sol. Autrement dit, la qualité des sols détermine celle des plantes… et donc de l’ensemble de la chaine alimentaire.
Dans une approche One Health, qui relie la santé humaine, animale et environnementale, il est urgent de considérer le sol comme un acteur central de la nutrition.
L’intervention de Pierre Weill, Co-titulaire de la Chaire « Aliment et Bien Manger » a ajouté un « 5ème élément à la présentation d’Alain Bouchereau : le sang, où circulent les nutriments issus du sol, de l’air, de l’eau et du soleil si le sol est vivant. La santé unique, du sol au sang n’est alors plus une philosophie, mais un concept réel avec ses mesures.
Ces mesures, ce sont celles que développe Ludovic Paquin, enseignant chercheur à l’Institut des Sciences Chimiques de Rennes, co-titulaire de la Chaire “Aliments Bien Manger”. Il a présenté un exemple concret qui illustre le lien entre la vie des sols, les pratiques agroécologiques et la qualité nutritionnelle des aliments. En partenariat avec Bleu-Blanc-Cœur, la Chaire « Aliment et bien manger » de l’Université de Rennes mène actuellement une étude sur les tomates (modèle végétal) dont le but est de comparer la teneur en antioxydants entre des tomates cultivées en sol vivant et celles produites en hors-sol. Résultats : à variété et conditions identiques, les tomates ont le même aspect visuel, mais celles cultivées sur sols vivants sont jugées plus savoureuses et affichent +30% de capacité antioxydante. Une preuve supplémentaire que la vie du sol influence directement la qualité des aliments. Dans cette approche multidisciplinaire, « nous ne nous contentons pas de mesurer les effets de la vie des sols sur la qualité des aliments qui y poussent, nous en mesurons également la désirabilité avec la méthodologie des experts en économie expérimentale » a souligné Ludovic.
Ainsi, la composition nutritionnelle du végétal devient un marqueur fiable du mode de production. Bleu-Blanc-Cœur proposera prochainement des cahiers des ressources pour les filières végétales, basés sur cette « signature biologique ».
Des ateliers pragmatiques pour passer à l’action
Bien manger pour mieux vivre : nutrition, goût et santé à toutes les étapes de la vie
Cet atelier a réuni des professionnels de santé, agriculteurs, acteurs de la restauration collective et de la distribution, tous engagés dans la démarche Bleu-Blanc-Cœur pour promouvoir une alimentation saine et durable. Ensemble, ils ont illustré la chaîne vertueuse « du champ à l’assiette », où chaque maillon contribue à la santé publique.
🔸De la science à la pratique
Béatrice de Reynal, docteur en nutrition, a ouvert la discussion en rappelant un constat : nous sommes tous en déficit d’Omega 3. Elle a présenté des solutions simples pour y remédier, comme la consommation de végétaux (roquette, mâche, huiles de lin et colza) ou de poissons gras (sardine, maquereau). Mais, elle souligne la difficulté d’imposer un régime strict aux patients. C’est là que les produits Bleu-Blanc-Cœur apportent une réponse concrète : ils permettent d’améliorer les apports sans bouleverser les habitudes alimentaires (œufs, viandes, produits laitiers, pains, huiles…).
🔸Du champ à la ferme : l’impact de la production
Cette logique se retrouve chez Aude Gaillard, agricultrice à Maen Roch (35), qui rappelle que la qualité de notre alimentation dépend de la manière dont nous produisons. Elle soigne ses animaux par l’alimentation, en limitant l’ensilage et en favorisant l’herbe et le lin. Résultat : un lait de qualité qu’elle transforme en yaourts et fromages distribués localement, jusque dans les écoles et établissements de santé. Une preuve que l’engagement agricole a des répercussions directes sur notre assiette. “Notre ferme est un lieu d’espoir qui a de l’avenir”, a-t-elle conclu.
🔸Quand la science confirme les bénéfices
Ces pratiques ne sont pas seulement vertueuses : elles sont efficaces. La 6ème étude clinique menée avec le CHU de Rennes auprès de femmes enceintes montre que consommer Bleu-Blanc-Cœur à partir du 3ème trimestre de la grossesse améliore la composition lipidique du lait maternel (+75% d’Omega 3 à J-21 après l’accouchement), avec des effets sur l’immunité et le microbiote des bébés. Céline Richonnet, diététicienne pédiatrique, rappelle que ces « bonnes graisses » sont essentielles pour le développement cérébral.
🔸Sensibiliser pour agir : le rôle de la distribution
Pour que ces connaissances bénéficient au plus grand nombre, la pédagogie est clé. Laetitia Duplaa, associée Hyper U Guichen, s’y engage depuis 2012 en proposant des produits Bleu-Blanc-Cœur et en formant ses équipes. Plus de 350 références sont aujourd’hui disponibles en magasin, accompagnées d’actions de sensibilisation auprès des collaborateurs et des clients.
🔸Bien nourrir, c’est bien traiter : la restauration collective
Enfin, Mickaël Crété (GIP SILGOM) a montré comment la restauration collective peut devenir un levier de santé publique. Malgré des contraintes budgétaires et réglementaires, son groupement intègre 20% de produits de qualité dont 7% Bleu-Blanc-Cœur. Car, rappelle-t-il, « le repas devient un soin » : redonner goût et couleur à l’assiette favorise le rétablissement des patients.
🔸Une conviction partagée
Au fil des échanges, un point commun s’impose : le bien produire en faveur d’une densité nutritionnelle sont des objectifs partagés par tous les acteurs. Bien manger pour bien vivre, c’est vulgariser la science, produire avec responsabilité, intégrer ces enjeux dans les menus et offrir des choix éclairés aux consommateurs.
Pour aller plus loin, les participants ont été invité à rejoindre la communauté Bleu-Blanc-Cœur, forte de 35 000 membres, dont la mission est de décloisonner les univers et favoriser les échanges. Cette communauté met à disposition des outils pédagogiques – menus, ateliers, études cliniques – pour accompagner et soutenir les initiatives.
Du sol vivant à l’assiette : comment l’agriculture régénératrice devient un lien fort entre santé des sols et santé humaine ?
Mettre la santé du sol au cœur du système agricole et alimentaire : c’est le fil rouge de la table ronde qui réunissait acteurs de l’agriculture régénératrice, agronomes accompagnateurs des transitions, coopératives, distributeurs et gestionnaires de l’eau. Tous partagent une conviction : relier la santé des sols à la santé humaine pourrait devenir le moteur qui manque encore pour accélérer la transition agroécologique, en créant un bénéfice direct et tangible pour le consommateur.
Pour Bastien SACHET, DG de la fondation Earthworm, la popularité croissante du terme agriculture régénératrice ne doit pas masquer l’essentiel : « Ce n’est pas une nouvelle religion, mais un retour au bon sens : remettre le sol au centre. » Couvrir, préserver, moins perturber, s’appuyer sur les leviers naturels… La régénération est avant tout une approche agronomique visant à redonner vie au capital sol. Son organisation déploie le programme Sols Vivants, mêlant outils de mesure (AgriBoussol), accompagnement et incitations économiques.
Clara LEFEVRE, Responsable Recherche & Développement chez PADV (Pour une Agriculture Du Vivant), insiste sur la dimension sens et fierté pour les agriculteurs. L’agroécologie devient un moyen de revaloriser leur métier, grâce à des indicateurs de performance compréhensibles et applicables à l’échelle de la ferme.
Pour Benoît Morgant, chargé de projet agriculture de régénération chez Terrena, la transition ne se décrète pas, “il faut convaincre”. Face aux pertes de rendement liées au climat et à la nécessité de restaurer la fertilité des sols, les agriculteurs ont compris l’intérêt d’une transformation profonde. L’Indice de Régénération, développé avec PADV, sert de repère clair pour engager cette démarche. L’accompagnement technique est essentiel pour donner cohérence et efficacité à des pratiques parfois dispersées. Les motivations restent simples : produire, vivre de son métier et retrouver de la fierté dans des pratiques vertueuses.
Côté distribution, la Coopérative U rappelle un objectif simple : « Vendre des produits sains et bons. » L’organisation filière permet d’entrer dans le détail des pratiques agricoles, de comprendre les coûts de transition et, surtout, de les répartir équitablement. Mais un défi majeur apparaît : penser à l’échelle de la rotation, et plus seulement de la culture. Selon la Coopérative U, si toute la rotation entre dans un schéma de filière contractualisé, les coûts de transition deviennent amortissables — exemple à l’appui avec une expérience sur le blé pour une baguette régionale en Nouvelle-Aquitaine.
Clara LEFEVRE (PADV) insiste : le consommateur veut du « bon, sain, pas trop cher ». L’enjeu est donc de ne pas lui faire porter seul les surcoûts. Les acteurs privés, les acteurs publics (via les bénéfices environnementaux) et les filières doivent se coordonner pour éviter la hausse des prix.
Pour Bastien SACHET, la dynamique carbone ne suffira pas : « Le relais sera la Santé. » Le modèle Bleu-Blanc-Cœur illustre déjà cette articulation : des pratiques agricoles spécifiques modifient la composition nutritionnelle des aliments, avec des bénéfices démontrés pour la santé humaine. Un terrain idéal pour les distributeurs, qui peuvent expliquer concrètement pourquoi un produit est meilleur.
La coopérative U confirme que leurs enquêtes consommateurs montrent une capacité à payer un bénéfice santé, à condition de pédagogie.
Lukas GERMAIN, chargé filière chez Eau17 & EPTB Charente (Etablissement Publique Territorial de Bassin) rappelle que les organismes publics financent déjà massivement les conséquences des mauvaises pratiques, comme la dépollution de l’eau. Beaucoup de programmes agricoles ont échoué à mobiliser les agriculteurs, faute d’une approche systémique. Mais lorsqu’une filière aval s’implique, les projets deviennent crédibles, sécurisés et co-finançables. La contractualisation longue, la juste rémunération et la transparence sont des conditions essentielles.
Pour Lukas, Bleu-Blanc-Cœur représente une véritable « niche d’innovation » : un espace agile capable d’influencer positivement le système agricole dominant. Cette dynamique ouvre la voie à des pratiques plus durables et à une alimentation de meilleure qualité.
Conclusion : Mettre la santé du sol au cœur des pratiques agricoles n’est pas une option, mais une nécessité pour garantir des systèmes alimentaires durables et bénéfiques pour la santé humaine. La transition agroécologique repose sur la coopération de tous les acteurs – agriculteurs, filières, distributeurs, pouvoirs publics – et sur une promesse claire : prendre soin de la terre, c’est aussi prendre soin des Hommes.
Décarboner les filières agricoles et alimentaires : de l’amont à la mise en marche. La preuve par la mesure : comment Bleu-Blanc-Coeur peut répondre à ces enjeux ?
Guillaume Mairesse, responsable R&D chez Valorex, rappelle que l’agriculture est en première ligne face au changement climatique, avec des risques comme les sécheresses et la baisse de productivité. En France, le secteur agricole représente 19% des émissions de gaz à effet de serre. L’objectif est de réduire ces émissions de 50% d’ici 2050 par rapport à 2020. Pour y parvenir, deux leviers sont essentiels : réduction des émissions et renforcement des puits de carbone.
Pour capter le carbone, plusieurs pratiques sont possibles : prairies permanentes ou temporaires, agroforesterie et réduction du travail du sol. Tandis que pour réduire les émissions, trois leviers existent :
- Conduite du troupeau (meilleur rendement, indices de consommation),
- Alimentation optimisée (fourrages de qualité, digestibilité, matières premières bas carbone),
- Gestion des effluents (méthanisation, couverture des fosses).
Ces actions doivent préserver la performance animale pour être efficaces.
🔸L’analyse du cycle de vie (ACV) et la base de données Agribalyse
Armelle GAC (responsable agriculture et alimentation en charge des ACV et des sujets d’écoconception chez EVEA) explique que l’ACV est une méthode normalisée pour évaluer les impacts environnementaux et sociaux des produits ou organisations sur l’ensemble de leur cycle de vie. Cette analyse comptabilise les intrants et extrants à chaque étape de production, transformant ces flux en impacts environnementaux via des facteurs spécifiques. Pour réaliser une ACV, de nombreuses données sont nécessaires, notamment sur le fonctionnement du système de production et l’impact environnemental des intrants. La base de données Agribalyse, publique et française, portée par l’ADEME, fournit ces données pour plus de 2000 produits alimentaires, servant de référence pour les ACV en agriculture et alimentation.
🔸Résultats des ACV sur les filières Bleu-Blanc-Cœur
Armelle partage les résultats provisoires des ACV réalisées sur les filières Bleu-Blanc-Cœur. Ces études montrent une réduction significative de l’empreinte carbone : entre 20 et 25% pour le lait par rapport aux systèmes conventionnels, et environ 5% pour la production de viande bovine (l’impact Bleu-Blanc-Cœur se limitant à la période de finition chez le bovin viande). Ces réductions sont attribuées à une ration alimentaire moins impactante (excluant certaines matières premières fortement émettrices) et à une baisse du méthane entérique grâce aux caractéristiques génétiques des vaches laitières, ainsi qu’à une augmentation de la productivité.
🔸L’engagement de Danone pour la décarbonation et la collaboration filière
Laura Le Bastard (responsable agriculture régénératrice chez Danone France) explique que chez Danone l’enjeu de la décarbonation est au cœur de la stratégie du groupe. Leurs engagements suivent les trajectoires SBTi (Science Based Targets initiative), avec un focus particulier sur le Scope 3, qui représente 40% de leur empreinte carbone globale et jusqu’à 70% pour la filière laitière en France. Danone travaille en partenariat avec les éleveurs depuis 2017 via le projet “Danone pour les Éleveurs” pour améliorer le bien-être animal et décarboner les fermes. Un pilote national est en cours auprès de 100 exploitations laitières engagés à activer la méthode Bleu-Blanc-Cœur pour décarboner leur lait.
🔸La valorisation des démarches de décarbonation dans la restauration hors domicile (RHD)
Édouard Albertini (directeur des achats chez Compass) explique que dans le secteur de la RHD, l’enjeu principal est de mesurer et de valoriser précisément les efforts de décarbonation de la ferme à l’assiette. Les clients de la RHD, notamment les entreprises et les écoles, exigent de plus en plus des bilans carbone détaillés. Il est important d’avoir des données fiables pour éviter des calculs qui ne reflètent pas la réalité. Les premières actions pour réduire l’impact carbone dans la RHD se sont concentrées sur des mesures simples, mais l’étape suivante consiste à engager les fournisseurs et l’ensemble de la filière pour des réductions plus substantielles.
🔸Défis et solutions technologiques pour la mesure de l’empreinte carbone
Jérémy Weinstein (directeur scientifique et co-fondateur Carbon maps) souligne que les défis de la décarbonation résident dans la technologie. Il est crucial de collecter des données auprès des fournisseurs, de les traiter via des analyses de cycle de vie et de donner aux équipes commerciales les outils pour valoriser ces produits auprès des distributeurs. La plateforme CarbonMaps vise à centraliser ces informations, remplaçant les feuilles de calcul Excel par un système intégré pour assurer la transparence et la cohérence des données à tous les niveaux de l’entreprise. L’objectif est de converger vers des standards mondiaux unifiés, comme le GAIA protocol, pour harmoniser les méthodes de calcul.
🔸Enjeux financiers et responsabilité partagée avec les agriculteurs
La discussion soulève la question du financement de la transition et de la charge qui incombe aux agriculteurs. Le coût de la mise en place des technologies de mesure et des nouvelles pratiques représente un investissement important. Armelle et Édouard reconnaissent ces défis, soulignant l’importance d’un accompagnement financier des agriculteurs pour accompagner les investissements nécessaires. Édouard insiste pour que ces coûts soient partagés et que les efforts des producteurs soient valorisés à leur juste prix. La convergence vers des standards et des filières engagées collectivement est essentielle pour assurer la pérennité de ces démarches.
Conclusion : Bleu-Blanc-Cœur, au cœur des échanges et des partenariats internationaux
Ce symposium a confirmé que Bleu-Blanc-Cœur avance en synergie et impulse depuis 25 ans des collaborations entre des experts scientifiques de champs différents autour de la « santé unique ». Bleu-Blanc-Cœur est en avance de phase sur ces enjeux : alliances scientifiques, partenariats internationaux et projets communs donnent de l’espoir et des perspectives. Une seule santé, unique et globale, qui relie le champ, l’assiette et la planète.
« Bleu-Blanc-Cœur est aujourd’hui la démarche la plus avancée au monde – voire la seule – à adresser pleinement les enjeux One Health. »
🗣️ Dan Kittredge, agriculteur américain et fondateur de l’ONG « Bionutrients »
Pour finir la journée, trois experts invités, indépendants de Bleu-Blanc-Cœur mais engagés dans leurs domaines, ont partagé leurs travaux :
- Lucas Krusinski, enseignant – chercheur à l’Université Polytechnique de Californie a présenté une étude sur 650 échantillons de viande bovine produits avec le label « grassfed (nourri à l’herbe). Ses résultats montrent que les labels d’obligation de moyens (« nourri à l’herbe » ne veut rien dire sans contrôle des résultats). L’alimentation des bovins influence fortement la qualité nutritionnelle et gustative des viandes : des disparités énormes apparaissent entre les viandes vendues avec l’étiquette « grassfed ». Quand ils sont vraiment nourris majoritairement à l’herbe, ils présentent un meilleur ratio Omega 6/Omega 3, plus d’Omega 3 à longue chaîne (EPA/DHA), davantage de phytonutriments et de vitamine E. Ces marqueurs permettent même de prédire l’alimentation réelle des animaux. L’obligation de résultats est absolument nécessaire pour ne pas tromper le consommateur.
- Frédéric Thomas, pionnier de l’agriculture de conservation des sols, défend depuis plus de 30 ans la couverture végétale permanente, le sans labour, la place des légumineuses, la complémentarité culture – élevage. Ces pratiques restaurent la fertilité des sols, réduisent leur température, favorisent la photosynthèse et créent des systèmes autonomes et résilients. Il rappelle que la santé des sols repose sur trois piliers : physique (structure), chimique (minéraux) et biologique (vie du sol).
- Dan Kittredge, agriculteur américain et fondateur de l’ONG « Bionutrients » qui porte un programme international sur la mesure de la densité nutritionnelle des aliments, travaille à démontrer le lien direct entre la santé des sols et la qualité des aliments, tout en développant des outils de mesure accessibles au grand public. Depuis 20 ans, il observe que lorsque les sols sont peu vivants, les aliments issus de ces sols sont pauvres en nutriments. Ses travaux, menés avec Bleu-Blanc-Cœur et Valorex, révèlent des écarts considérables entre échantillons (antioxydants multipliés par 40, soufre par 8). Il développe aujourd’hui un outil accessible au grand public pour mesurer la densité nutritionnelle via smartphone, afin de démocratiser ce lien entre sol, produit et santé humaine. Nous retenons sa phrase “Bleu-Blanc-Cœur est aujourd’hui la démarche la plus avancée au monde – voire la seule – à adresser pleinement les enjeux One Health.”
Revivre le Congrès One Health 2025 en vidéo
Un certain nombre d’interventions ont été captées en vidéo et sont disponibles sur la chaine Youtube de Bleu-Blanc-Coeur dans une playlist dédiée.
Merci aux intervenants, aux partenaires (INRAE, Fondation Université de Rennes, Rennes Ville et Métropole, Région Bretagne et Valorex) et à tous ceux qui font avancer une agriculture plus vivante et une alimentation plus saine.


