Moins mais mieux : l’élevage comme levier d’une meilleure santé sur Terre

Bleu-Blanc-Coeur

3/11/21
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Cette nouvelle édition du congrès ONE HEALTH a été introduite par Bruno FERREIRA, Directeur Général de l’Alimentation au Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation, qui rappelle que notre alimentation peut nous rendre plus vulnérables à certaines maladies :

Des maladies dites « à inflammation de bas-grade » qui émergent souvent après plusieurs années d’une alimentation mal adaptée (diabète de type 2, obésité…).

Des infections véhiculées par des virus ou autres microorganismes pathogènes. Les liens entre alimentation et COVID-19 ont d’ailleurs été au cœur des discussions lors de la précédente session ONE HEALTH (retrouvez replay et résumé de l’émission ONE HEALTH du 30 juin 2021 ici).

M. FERREIRA nous indique aussi que 10% des humains seraient victimes d’une maladie d’origine alimentaire. Les crises sanitaires et climatiques que nous vivons aujourd’hui accentuent ces vulnérabilités et il devient urgent que l’alimentation devienne notre allier dans ce contexte compliqué. Il n’y a pas de réponses simples face aux défis du vivant, il faut adopter une approche globale et c’est justement ce que représente la démarche scientifique ONE HEALTH (« une seule santé »), qui vise à mieux comprendre les relations entre nos sols, les plantes, les animaux et les hommes.

Mieux maîtriser les émissions de gaz à effet de serre

Une révolution verte s’est mise en marche dans les pays développés (depuis l’après-guerre en France), ce qui a permis d’augmenter fortement les rendements agricoles et de subvenir aux besoins alimentaires grandissant des populations. Mais, dans le même temps, cette course à la productivité a eu pour conséquences de couper les liens qui existaient entre cultures et élevage. C’est ce que souligne Jean-Louis PEYRAUD, Chargé de mission à la Direction Scientifique Agriculture, INRAE. L’augmentation de la population mondiale et de ses besoins alimentaires s’accompagne aussi d’émissions plus importantes de gaz à effet de serre ; aujourd’hui environ un tiers des émissions mondiales proviennent des systèmes alimentaires. Il y a principalement :

le gaz carbonique (CO2), provenant essentiellement de la combustion des carburants fossiles (engins à moteurs pour la culture et le transport des matières importées)

le méthane (CH4), issu principalement du travail de fermentation qui s’opère dans les estomacs des ruminants (méthane entérique).

le protoxyde d’azote (N2O), libéré par exemple lors du stockage et épandage des déjections mais aussi de lors de la fertilisation des sols.

La viande bovine peut impliquer des émissions de gaz élevées à la production. Cela dit, une variabilité pouvant aller d’un facteur 1 à 5 est observée selon les pratiques agricoles choisies par l’éleveur. Privilégier le pâturage des animaux avec des plantes naturellement sources d’oméga 3 (herbe, lin, luzerne…) est par exemple un levier bénéfique adopté par l’association Bleu-Blanc-Cœur pour diminuer les émissions de méthane dans ses filières et améliorer la santé des animaux (plus d’informations ici).

vache dans un champs

Les services rendus par l’élevage

Différents intervenants et particulièrement Michel Duru, Directeur de recherche et chargé de missions, INRAE et Pierre Weill, co-président de Bleu-Blanc-Cœur, nous ont aussi parlé des services environnementaux et sociétaux qui peuvent être rendus par un élevage plus raisonné. Si l’herbe et d’autres plantes fourragères locales riches en lipides et protéines de qualité (lin, luzerne, pois, lupin…) sont privilégiées dans l’alimentation des animaux d’élevage, des impacts très positifs peuvent émaner avec création de valeur à différents maillons :

Pour le producteur : moins de frais vétérinaires, une meilleure rémunération et la côte auprès des consommateurs. 👨‍🌾

Pour les animaux : une meilleure santé qui passe par une alimentation plus riche notamment en oméga 3 mais aussi vitamine D (car les animaux sont plus exposés au soleil), et du coup moins de recours aux antibiotiques ; c’est ce qui nous a été exposé par Guillaume Chesneau, directeur Recherche et Innovation Valorex et Jocelyn Marguerie, vétérinaire du Réseau Cristal. 🐑🐇🐖🐓🐄

Pour la planète : plus de biodiversité faite de prairies permanentes et légumineuses qui enrichissent naturellement le sol en azote et attirent les insectes pollinisateurs, moins de pesticides, plus de carbone stocké dans les sols… 🌍

Pour le consommateur : une meilleure couverture des besoins en nutriments et micronutriments et la satisfaction de diminuer ses impacts sur l’environnement. 🍴

C’est pour toutes ces raisons que l’association Bleu-Blanc-Cœur valorise et rétribue, au travers du projet Eco-méthane, les producteurs laitiers qui alimentent leurs vaches de façon à diminuer leurs émissions de méthane (autour de 20% sous alimentation Bleu-Blanc-Cœur).

Il nous a aussi été rappelé que l’Europe importe encore aujourd’hui 10% de la déforestation mondiale donc dire non au soja d’importation dans les rations des animaux d’élevage est un autre service rendu pour la planète. Pierre Weill nous a aussi exposé quelques chiffres : 86% des aliments consommés par les animaux d’élevage ne sont pas consommables par l’homme et il faut entre 0.5 et 3 kg de protéines végétales non consommables par l’homme pour faire 1 kg de protéines animales (1 pour 1 en filières Bleu-Blanc-Cœur). En choisissant de s’alimenter (sans faire d’excès !) avec des viandes de qualité qui n’impliquent pas d’aliments importés pour nourrir le bétail, le consommateur bénéficie d’un panel de nutriments et micronutriments variés et équilibrés et n’affole pas son empreinte carbone. Cette réduction de l’impact carbone est d’ailleurs mesurée par Bleu-Blanc-Cœur à la sortie de la ferme dans ses différentes filières (en lien avec l’ADEME) : -18% en filières œufs, -23% côté poulets, -20% en ce qui concerne le lait…

Volailles Bleu-Blanc-Coeur

Quels coûts et bénéfices pour les consommateurs ?

Même s’il est en bout de chaîne, le consommateur aurait ainsi des bénéfices à choisir des aliments aux profils nutritionnels améliorés à la production. C’était le sujet de l’intervention de Louis-Georges Soler, Directeur Scientifique Adjoint Alimentation & Bioéconomie, INRAE. L’alimentation est présentée comme un levier de prévention santé pouvant diminuer les dépenses médicales. Un travail d’estimation des années de vie gagnées par des consommateurs plus tournés vers les légumes et réduisant leur consommation de produits riches en sucre, sel et graisses saturées a même été réalisée.

Bien que les coûts engendrés par des stratégies de production plus durables aient des répercussions plus ou moins importante sur leur prix en magasin, les bénéfices en matière de santé seraient supérieurs à leurs coûts. Mais il faudrait, dans le même temps, sensibiliser le consommateur au poids de ces bénéfices à long terme par rapport à celui des dépenses alimentaires engendrées à court terme, afin de booster son consentement à payer au profit de toute une filière engagée. 

Nous en avons donc appris un peu plus sur l’essence d’une alimentation durable et ses répercussions sur la Terre, les animaux et les Hommes lors de ce dernier congrès ONE HEALTH. Pour tendre vers une santé globale, nous devons donc privilégier les aliments aux impacts minimisés sur nos écosystèmes et maximisant les services rendus à la société et à notre propre corps.

Visionnez cette seconde session One Health 2021 !

La deuxième session de #OneHealth2021 a eu lieu le mardi 28 septembre dernier et s’articulait autour du thème suivant :  « One Health : un enjeu social, économique et de santé publique pour nos territoires ».

Voici le replay complet de ce symposium 

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