Alimentation : quelle importance face au covid-19 ?

Bleu-Blanc-Coeur

22/06/21
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Quelle place accorder à l’alimentation pour se prémunir contre la COVID-19 et autres maladies virales ou inflammatoires ? Ce sujet a été largement abordé lors de la première partie du symposium ONE HEALTH 2021 qui s’est déroulé le 8 juin avec un panel d’intervenants à la fois passionnants et passionnés :

  • Agnès Pannier-Runacher : ministre déléguée chargée de l’industrie
  • Pr. Philip Calder : professeur de médecine et d’immunologie à l’Université de Southampton
  • Dr Jean-Michel Lecerf : directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille
  • Dr William Harris : professeur de médecine à l’Université de Dakota du Sud
  • Guillaume Gomez : cuisinier représentant personnel d’Emmanuel Macron au service de la gastronomie française
  • Pierre Weill : co-président de l’association Bleu-Blanc-Cœur
  • Ronan Thibault, médecin chef du service de nutrition du CHU de Rennes et chercheur à l’institut NuMeCan.

Penser “One Health”, c’est prendre en considération les relations entre la santé de la Terre, des animaux et des hommes. Cette session nous a plus particulièrement apporté un éclairage sur les liens entre une alimentation saine et l’efficacité de notre système immunitaire. Est-ce que la crise sanitaire que nous traversons ne serait pas la preuve qu’il faut absolument  s’y intéresser de plus près ?

Une bonne assiette pour calmer la tempête

D’après Philip Calder, la nutrition devrait bien être au cœur des discussions quand on parle d’immunité. En cas d’agression (infection virale ou autre), les besoins du corps sont augmentés en énergie pour faire fonctionner le système immunitaire, en protéines pour fabriquer des anticorps ainsi qu’en éléments médiateurs de l’inflammation tels que les oméga 3. L’importance d’avoir un système immunitaire bien actif par les temps qui courent est à souligner comme en témoigne une étude parue dans Lancet qui a montré que les patients COVID-19 avec les symptômes associés les plus sévères ont une immunité plus faible (moins de marqueurs dans le sang) et une inflammation excessive. Depuis le début de la crise sanitaire, on a d’ailleurs beaucoup parlé du virus mais on a aussi entendu une météo particulière : des orages ou tempêtes cytokiniques ! Comme le rappelle Pierre Weill, co-président de Bleu-Blanc-Coeur, ces termes ont été utilisés pour expliquer la déferlante de cytokines pro-inflammatoires qui frappe nos poumons en cas de complications respiratoires liées au COVID. Ce qui est dramatique c’est que ce n’est plus le virus qui induit la mortalité mais l’excès d’inflammation que notre corps n’est plus capable de réguler. Or on sait que les oméga 3, quelques micronutriments comme la vitamine D, mais aussi certains microorganismes probiotiques sont reconnus pour participer à la gestion de l’inflammation dans notre corps, notamment par l’intermédiaire d’un microbiote intestinal en bonne santé.

Ton index oméga 3 tu surveilleras

De façon plus concrète, Le Dr Harris nous a présenté des corrélations intéressantes entre habitudes de consommation en oméga 3 et mortalité liée au COVID-19. Il a mis au point des tests rapides de mesure des oméga 3 dans le sang et des travaux pilotes montrent que les patients COVID qui ont les index oméga 3 (EPA et DHA) les plus faibles ont aussi les taux de mortalité les plus élevés. A l’inverse, dans cette même étude, il a observé que les patients avec les index oméga 3 les plus hauts ont une réduction de 75% du risque relatif de mourir suite à une infection à COVID-19. Les premières études épidémiologiques montrent également des différences selon les habitudes de consommation en oméga 3 par pays : La république Tchèque comptabilise par exemple 2500 morts à la suite du COVID-19 par million d’habitant contre 50 en Corée du Sud et de façon intéressante l’index Oméga 3 moyen relevé en Corée du Sud est 3 fois supérieur  à l’index Oméga 3 moyen en République Tchèque.

Côté « prévention », Pierre Weill a aussi présenté des premiers résultats sur une étude qui mesure l’index oméga 3 auprès d’une cohorte de volontaires de la communauté Bleu-Blanc-Cœur afin d’étudier les liens entre habitudes de consommation et index oméga 3. L’alimentation Bleu-Blanc-Cœur et la consommation régulière de poisson ont des effets similaires sur la composition en EPA et DHA tandis que l’addition des deux permet d’atteindre une zone dite de « risque faible » pour la prévention des maladies de civilisation dans de très nombreuses études citées par le professeur Harris.

Le professeur Calder a, quant à lui, expliqué les conclusions d’une analyse combinant plusieurs essais menés en service de réanimation de patients touchés par un syndrome de détresse respiratoire à la suite d’une infection COVID-19. Lorsqu’une supplémentation en oméga 3 a été réalisée auprès de ces patients, la mortalité a été abaissée de 36%. Il y a par exemple l’étude de Doael et collaborateurs où ils ont supplémenté en oméga 3 de type EPA et DHA pendant 14 jours des patients COVID-19 en soins intensifs et ont relevé une amélioration significative de la survie des sujets après 1 mois, avec notamment une augmentation du nombre de cellules immunitaires dans le sang (lymphocytes). Cela dit, d’autres études sur le sujet  sont menées et seront publiées pour confirmer ces résultats et mieux comprendre les mécanismes mis en jeu.

Pourquoi se créer une alimentation barrière ?

Des apports équilibrés en protéines et lipides avec une bonne proportion en oméga 3 pourraient donc être proposés comme un accompagnement aux traitements médicamenteux employés afin de limiter le risque d’aggravation des symptômes et probablement aussi en matière de prévention anti-COVID ? C’est ce que laissent entendre des résultats collectés via une application mobile de recensement des cas COVID-19 (Louca et al, 2021) : sur près de 400 000 répondants au Royaume-Uni, ceux qui ont consommé des compléments alimentaires avec probiotiques, acides gras oméga-3, multivitamines ou vitamine D réduisent le risque d’infection par le COVID-19 de 14%, 12%, 13% et 9% respectivement (mais pas d’effets significatifs relevés avec les autres types de compléments alimentaires). Il semble alors pertinent de se constituer une alimentation barrière pour avoir un terrain protecteur et limiter l’intrusion de virus ou autres pathogènes dans notre corps. Une phrase attribuée tantôt à Pasteur ou Béchamp dit d’ailleurs “le microbe n’est rien, le terrain est tout”. L’intervention du Professeur Jean-Michel Lecerf, directeur du service nutrition de l’Institut Pasteur de Lille, est alors tombée à pic pour mieux comprendre les enjeux d’une alimentation barrière. En premier lieu, les malnutritions (excès ou insuffisance d’apports en certains nutriments) sont problématiques pour se prémunir puisque l’obésité et la dénutrition ont été des facteurs de comorbidité importants lors de cette dernière pandémie. L’importance d’un microbiote en bonne santé a aussi été mise en lumière puisqu’une dysbiose; c’est-à-dire un déséquilibre microbien dans nos intestins, les rend plus perméables aux agents pathogènes.

De bonnes habitudes pour mes microbes et moi

Afin d’éviter la dysbiose, le Pr. Lecerf nous parle d’alimentation mais pas que ! Le stress, un rythme de sommeil décalé, la prise d’antibiotiques, le tabagisme et même le fait d’avoir été mis au monde par voie basse ou césarienne impactent aussi grandement la composition de notre microbiote. On ne peut pas contrôler tous ces paramètres donc commencer par ajouter plus de diversité dans nos assiettes avec notamment des fibres qui nourrissent bien notre microbiote et des produits fermentés qui permettent de l’enrichir avec d’autres microbes bénéfiques est un bon début. Cette diversité alimentaire doit aussi passer par plus de nutriments et micronutriments qui nous protègent d’un surplus d’inflammation : c’est le cas des oméga 3 et de la vitamine D que l’on retrouve par exemple dans les poissons gras, les produits laitiers et les œufs (en particulier les produits Bleu-Blanc-Cœur, plus d’infos dans cet article). Ainsi, en plus de lutter contre les infections virales par des mesures d’hygiène et d’isolement, mettre déjà au menu davantage d’oméga 3, fibres, probiotiques, et vitamine D serait un pas de plus vers une alimentation barrière encourageant le bon fonctionnement de notre immunité. Pourtant, malgré quelques études probantes sur le rôle joué par les oméga 3 et d’autres éléments nutritifs sur la prévention et l’amélioration de symptômes liés à la COVID-19, la nutrition est absente des informations relayées par les pouvoirs publics et les experts se demandent bien pourquoi.

Les projets de demain en faveur d’une alimentation préventive

Le Pr. Ronan Thibault, chef du service de nutrition au CHU de Rennes souhaite par exemple contribuer aux avancées en matière d’alimentation préventive. Il est l’investigateur principal de l’étude clinique MAIA, réalisée en collaboration avec Bleu-Blanc-Cœur, qui se lancera d’ici la fin de cette année dans des établissements d’hébergement pour personnes dépendantes (EHPAD) avec pour objectif d’étudier notamment les liens entre consommation d’oméga 3, critères de dépendance, survenues d’infections et mortalités associées sur ce public fragile.

Madame la ministre Agnès PANNIER-RUNACHER, nous explique également lors de ce symposium que proposer aux français une alimentation à la fois durable et favorable à la santé est un objectif important du plan de relance qui va consacrer plus de 7 milliards d’euros aux innovations à fort impact en 2021 et 2022 avec par exemple un soutien financier des entreprises ayant des projets de développement autour des légumineuses (et autres sources de protéines durables) et des produits fermentés. Le plan “France Relance” prévoit aussi par exemple un plan de structuration des filières agricoles et alimentaires et 465 millions d’euros ont été attribués à 60 projets sur le secteur de l’agroalimentaire. Mme Pannier-Runacher souligne pour conclure que producteurs et industriels sont des partenaires qui doivent agir ensemble pour élever la qualité des aliments au service de tous les consommateurs.

Pour faire passer des messages sur l’importance d’une alimentation qualitative, la gastronomie française a aussi son mot à dire et doit être prise en compte dans les réflexions sur notre alimentation de demain. Guillaume Gomez, l’un des meilleurs ouvriers de France et ambassadeur Bleu-Blanc-Cœur, s’est d’ailleurs exprimé sur le sujet en expliquant que le travail du cuisiner est aujourd’hui de faire en sorte que l’assiette soit bonne au goût mais aussi bonne pour la santé et la société. Les chefs travaillent d’ailleurs de plus en plus avec des nutritionnistes pour que notre alimentation soit plus saine tout en restant très gourmande.

La nutrition préventive pourrait donc bien être le moteur d’une économie vertueuse pour bon nombre d’acteurs : éleveurs, producteurs, industries agro-alimentaires, professionnels de santé et même professionnels des métiers de bouche. Bleu-Blanc-Cœur agit déjà pour chacun de ces maillons en posant sur la table des preuves scientifiques issues de mesures sur le terrain et dans ses produits. Nous espérons que l’histoire ne fait que commencer et que les prises de conscience qui s’opèrent dans le contexte sanitaire actuel viendront soutenir et accompagner ce grand mouvement collectif vers une santé unique de la Terre, des animaux et des hommes.

Visionnez cette première session et inscrivez-vous au second symposium One Health le 28 septembre 2021 !

La deuxième session de #OneHealth2021 aura lieu le mardi 28 septembre (9h45 – 12h30) et s’articulera autour du thème suivant :  « One Health : un enjeu social, économique et de santé publique pour nos territoires ». Pour vous inscrire et consulter le programme cliquez ici.  

Et voici le replay complet de la session #OneHealth2021 du 8 Juin 

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